2008 – Ce groupe a démarré en 2006 à la suite de plaintes émanant d’habitants d’un immeuble situé à St-Josse. Ces plaintes concernaient la détérioration du milieu de vie, un climat de violence et d’agressivité. Différentes associations du Développement Social de Quartier (DSQ) ont proposé de développer une action commune afin de favoriser la cohabitation entre les habitants et éviter un effet de « ghettoïsation » progressive.
En collaboration avec des associations de Saint-Josse, j’ai eu l’occasion de travailler avec ce groupe depuis maintenant 8 mois en tant qu’infirmière au sein de l’équipe communautaire du Service de Santé Mentale « Le Méridien ».
Un premier travail d’enquêtes et d’interviews à domicile a été mené afin de connaître le point de vue de tous les habitants de l’immeuble. Ce travail a permis de mieux connaître la réalité vécue au quotidien par ces personnes, d’entrer en contact avec quelques-unes d’entres elles considérées comme des leaders communautaires et d’envisager de nouveaux projets.
Après l’analyse des résultats de l’enquête, une réunion a été organisée pour présenter aux locataires les réponses recueillies. A la suite de cela, un contact avec le propriétaire des HBM a eu lieu afin d’envisager avec lui une série de problèmes liés à la vie dans l’immeuble : dégâts matériels, sécurité aux abords de l’immeuble … D’autres difficultés ne relevaient pas des compétences du propriétaire mais bien d’une responsabilité collective de savoir-vivre et de relations de bon voisinage. Diverses activités ont été envisagées avec les habitants pour renforcer ces liens de voisinage dont une fête dans le parc.
Cette année, notre travail s’est centré autour des problèmes qui risquaient de se poser suite à l’immobilisation de l’ascenseur pendant plusieurs semaines. Lors des réunions avec les habitants, nous avons mis en évidence tous les problèmes que cette immobilisation allait provoquer : faire les courses, apporter les repas pour les personnes âgées ou moins valides, descendre les poubelles, se rendre au lavoir … Nous avons cherché ensemble des solutions aux problèmes en essayant de mobiliser les ressources afin de venir en aide aux locataires immobilisés. Plusieurs locataires se sont proposés. Nous avons également fait appel aux services de la Croix-Rouge et des aides familiales. Afin de coordonner toutes les actions, une réunion a été organisée avec les habitants et le Directeur des HBM. Lors des travaux, à tour de rôle, nous avons fait des visites régulières aux habitants immobilisés et certains habitants de l’immeuble ont également rendu visite à ces personnes. Les locataires ont apprécié ces visites et ils se sont sentis respectés et reconnus face à leurs difficultés.
Les réunions se déroulent une fois par mois. Pour organiser ces espaces de paroles, nous avons la chance de bénéficier du Foyer qui se situe au rez-de-chaussée de l’immeuble (lieu de rencontres, de contacts et d’échanges pour tous les habitants de la commune). Le groupe est multiculturel. Un noyau de base est régulièrement présent aux réunions et autour de ce noyau, gravitent d’autres habitants qui participent en fonction des thématiques abordées ou de leur disponibilité. La mobilisation n’est pas toujours facile.
La difficulté de leur quotidien revient souvent au premier plan et les souffrances qui s’y déposent sont parfois très difficiles. Certains habitants expriment leur situation comme une injustice sociale. Les problèmes individuels prennent le dessus et il n’est pas toujours évident de passer de l’individuel au collectif et de pouvoir ainsi développer une dynamique communautaire. Cependant, au fil des réunions, l’ambiance entre les personnes devient tout doucement plus constructive et conviviale.
D’autres sujets vont être discutés prochainement : l’insécurité dans l’immeuble, l’opportunité d’avoir des personnes relais dans l’immeuble qui bénéficient de la confiance des habitants et qui pourraient agir comme médiateurs.
(1) Habitations à loyer modéré
Anne Lamy
